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Urbanité

L’étymologie du mot « urbanité » renvoie à la politesse et à la civilité, soit à un ensemble de conduites qui rendent agréable et désirable la rencontre avec les autres. Le terme d’ « urbanité » indique qu’une modalité particulière de la relation aux autres existe dans la ville. Dans un monde « rustique », si tant est qu’on puisse le décrire de façon aussi simpliste, les relations sociales sont étayées par l’ancienneté et la quotidienneté des relations sociales dans un univers de petite dimension. En ville, les relations sont plus diversifiées, mais aussi plus aléatoires. L’urbanité a donc ses contempteurs : suivant Rousseau, de nombreux moralistes se sont méfié de la duplicité et de la superficialité des engagements dans les grandes villes et vantent les mérites des relations franches et véritables, celles qui ne peuvent s’épanouir que dans une petite communauté humaine unie par des valeurs communes.
La notion d’urbanité est-elle attachée à une époque, justifiée par un état de la relation entre une société et un contexte spatial, notamment marqué par une figure de l’espace public ? De ce fait, est-elle aussi attachée à des lieux ? Les lieux ou l’espace public, le patrimoine architectural, la diversité des fonctions et celle des citadins permettent tout à la fois le côtoiement et l’échange sont les lieux de la centralité. La dédensification et la fragmentation des périphéries urbaines sous l’effet de la vitesse a globalement conduit à la réduction de ces espaces de frottement et de côtoiement social au profit des voiries et de la séparation des flux : l’urbanité a-t-elle sa place dans les couronnes des villes où la société est segmentée par la ségrégation immobilière et une forme de renfermement, peut-elle se manifester dans les lieux du commerce ou du sport ? Tel est le débat qui relie l’urbanité et la densité urbaine. Bref, comment mesurer la « teneur en urbanité » des lieux urbains, mais aussi, par anticipation, du projet urbain dont les promoteurs, urbanistes, collectivités et opérateurs financiers attendent, sous une forme ou sous une autre, une ambiance contribuant à « faire société » ?
Le défi est de taille, car l’urbanité exprime finalement le partage de valeurs communes aux citadins et, par voie de conséquence, une aptitude à l’intégration sociale et culturelle. Si l’urbanité ne désigne donc pas d’abord une forme urbaine particulière, ni même un agencement socio-spatial particulier, elle est pourtant en partie conditionnée (mais jusqu’à quel point ?) par la conception de lieux favorisant la coprésence, la rencontre et l’échange : la véritable justification de l’urbanisme ?

A la recherche des liaisons entre les notions

Pour constituer un guide subjectif de cheminement entre les notions, nous proposons quelques tableaux présentant les liaisons possibles entre notions.
Nous avons distingué différents types de lien entre les notions

Autour de la notion d’urbanité

L’urbanité est une notion parmi les plus abstraites. Françoise Choay en parle comme « l’ajustement réciproque d’une forme de tissu urbain et d’une forme de convivialité ». Elle est à la rencontre de la mixité sociale, dont la forme urbaine est celle de la proximité, assurée dans le domaine des aménagements par la compacité, qui favorise l’intégration, et de l’espace public, sous toutes ses formes, qui est le lieu privilégié de son épanouissement. L’ambiance elle-même entretient avec l’urbanité des rapports de réciprocité.

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