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La fourniture de services publics : qui et comment ?

L’association du secteur privé à la production, à la distribution et à la gestion de services urbains se réalise selon des modalités différentes et concerne différents domaines, comme la distribution de l’eau potable, le traitement des eaux usées, l’exploitation des réseaux de transports urbains collectifs ou d’énergie, la collecte des déchets, la gestion d’équipements tels que des marchés, des gares routières ou la production de lotissements, voire de quartiers entiers… Mais ces services urbains ne sont pas que des services techniques, ils sont la traduction matérielle et quotidienne d’une volonté et d’une possibilité de vivre ensemble dans la ville.

La privatisation de biens et services urbains est souvent justifiée par la recherche d’une efficacité plus grande par rapport aux dysfonctionnements constatés ou postulés, des services publics locaux préexistants (notamment les régies…). Toutefois, la privatisation poursuit des logiques marchandes, et implique des effets pervers (augmentation des tarifs, problème de recouvrement des coûts, tracé de la desserte en fonction du niveau de solvabilité des habitants…). Ainsi, des quartiers et donc des citadins se retrouvent soit à la marge du marché, soit exclus du marché, et par conséquent écartés de ces services. Dès lors, la cohésion sociale urbaine, le vivre ensemble, le lien social sont mis à mal.

Ce type de situation n’est pas sans conséquence en matière de gouvernance urbaine et de démocratie locale. Convient-il, comme le suggèrent certains, d’attendre que les niveaux de vie urbains augmentent pour que progressivement, avec le temps, les citadins dans leur ensemble intègrent le marché et deviennent des citadins inclus et desservis par les réseaux urbains ?

Dans un tel contexte, le citadin pauvre, pourtant citoyen local et utilisateur des réseaux et services urbains, mais qui s’en voit évincé en raison de son statut de consommateur non solvable, peut légitimement ressentir un sentiment de non appartenance, voire de perte de confiance ou de méfiance face à l’institution publique locale et aux pouvoirs locaux. Les conditions d’exercice de sa citoyenneté locale sont atteintes.

Les innovations locales pour tenter de remédier à ces situations sont nombreuses et variées selon les villes et les pays : systèmes de péréquation financière au sein des tarifs pratiqués (cf. eau potable en Afrique du Sud), coopération entre opérateurs privés formels et dispositifs populaires informels préexistants, retours en régie, recours à l’appui de pouvoirs traditionnels, ou d’ONG locales ou internationales accompagnant l’intervention des opérateurs privés par des actions d’ingénierie sociales.

Dès lors, il s’agit d’élucider le positionnement et le rôle de ces divers acteurs au regard de la gouvernance urbaine et de la démocratie locale.

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